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Petits ambassadeurs sahraouis

Cet été, la Ville a accueilli six enfants sahraouis venant d’un camp de réfugiés en Algérie. Une initiative qu’elle réitère depuis 7 ans. Le 30 juillet, ils avaient rendez-vous au centre de loisirs de l’école Makarenko.

« Bonjour les amis, merci d’être venus nous voir de si loin ! Nous sommes heureux de vous recevoir. » Discours, danse de bienvenue et petits cadeaux fabriqués pour l’occasion. Ce 30 juillet, les enfants des centres de loisirs Barbusse et Makarenko, réunis durant les vacances dans l’école de la rue Jean Le Galleu, ont imaginé un protocole digne d’une visite d’Etat ! Ils ont en effet accueilli des invités un peu particuliers : six petits sahraouis, trois garçons et trois filles, âgés de 10 ans, vivant dans un camp de réfugiés à Tindouf, dans le sud désertique de l’Algérie. Après la prise de contact, la conversation s’engage spontanément, traduite par Asma, l’animatrice culturelle qui les suit pendant leur séjour. « Pouvez-vous nous dire où vous habitez ? » « C’est un endroit où il fait très chaud, on fond quand on sort et notre peau est toujours noire ! », commence Sidi. « Mais nous ne vivons pas dans notre pays, nous sommes originaires du Sahara occidental qui est colonisé par le Maroc. », affirme Bachir du haut de ses jeunes années. « Très tôt, les enfants sahraouis connaissent l’histoire de leur peuple, explique Asma. Depuis qu’ils sont nés, ils vivent dans des tentes et leurs parents n’ont pas la liberté de circuler. De fait, ils deviennent ici des ambassadeurs de leur cause. »

Depuis 7 ans, tous les étés, la Ville accueille des enfants sahraouis, dans le cadre de sa politique de solidarité internationale et de soutien du droit des peuples à l’autodétermination. Durant un mois, ils vont à la colonie des Mathes en Charente-Maritime, visitent Paris, rencontrent des Ivryens. D’autres communes font de même, comme Vitry ou au Mans. Au total,  une centaine de mineurs viennent en France chaque année. L’objectif étant de leur offrir des loisirs et des vacances, loin des conditions difficiles de leur quotidien.

« Moi, j’ai adoré voir la mer, c’était la première fois que je la voyais ! », poursuit Bachir. « J’ai aimé voir des fleurs et des arbres car chez nous, il n’y a que du sable ! » confie Fatimatou.

Après une partie de loto géante, tous les joueurs s’égaient joyeusement dans la cour de récréation, se mêlant les uns aux autres. Pour les petits Ivryens, la rencontre avec les enfants sahraouis constitue aussi un moment privilégié, une ouverture sur le monde. « Je suis très heureuse de cet après-midi, raconte Amel, je ne savais pas qu’il y avait des camps de réfugiés en Algérie ». « Moi, je leur ai donné mes peluches, une pour chacun, car j’ai appris qu’ils n’avaient pas de jeux chez eux », ajoute Barbara, avant de rejoindre en courant  les ambassadeurs en herbe du désert, pour un moment de jeu et d’insouciance.

Catherine Mercadier

Cause oubliée

Le Sahara occidental est un territoire de 266 000 km², coincé entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et l’océan atlantique. Colonie espagnole jusqu’en 1975, il a été annexé la même année par le Maroc, provoquant une guerre de quinze ans. En 1991, un cessez-le-feu a été signé sous l’égide de l’ONU, entre le royaume d’Hassan II et le Front Polisario, représentant officiel des Sahraouis. Une promesse de référendum sur l’indépendance du peuple sahraoui a alors été donnée mais la consultation n’a toujours pas été organisée. Conséquence du conflit, 125 000 Sahraouis sont réfugiés dans des camps en Algérie. Privés de liberté, ils vivent grâce à l’aide internationale. Peu médiatisée, leur cause semble aujourd’hui oubliée.