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Tu as fait tes devoirs ?!

Ce mois-ci, dans Les Rendez-vous de l’éducation, le sociologue Patrick Rayou débat du sujet ô combien sensible des devoirs à la maison. Le 15 novembre à 19h30, à l’Espace Gérard Philipe.

Souvent réclamés par les familles, les devoirs à la maison sont-ils toujours une aide pour les élèves ?© Mairie d'Ivry sur Seine - Fréderic Iriarte

Bio express

1949
Naissance à Bordeaux.

1973 à 1994
Professeur de philosophie en lycée.

1995-2015
Thèse en sociologie de l’enfance. Maître de conférences à l’université de Nantes, puis professeur à l'IUFM de Créteil (NDLR : Institut de formation des maîtres, aujourd’hui remplacé par l’École Supérieure du Professorat et de l'Education (ESPE) puis à l’université Paris 8. Ses recherches portent sur la formation et la professionnalisation des enseignants et les inégalités d’apprentissage.

2009
Dirige l’ouvrage collectif Faire ses devoirs. Enjeux cognitifs et sociaux d’une pratique ordinaire. (Presses universitaires de Rennes).

2015
Auteur de Sociologie de l’éducation (PUF, Que Sais-je ?)

2016
Professeur émérite à l’université Paris 8.

Les devoirs à la maison sont-ils réellement interdits ?
Les devoirs en général sont autorisés mais, depuis 1956, une circulaire ministérielle interdit les travaux écrits pour les élèves de primaire. Or cette règle n’a jamais été appliquée, ce qui est intéressant pour un sociologue. Que se joue t-il ? Quand on interroge les professeurs, les familles et bien sûr les élèves, chacun se dit sceptique. Certains enseignants du second degré ne les corrigent pas, ne sachant qui en est réellement l’auteur, l’élève, les parents... Dans le primaire, les enseignants, peu convaincus de leur intérêt, finissent par en donner sous la pression des familles. Depuis sa création, l’école républicaine fonctionne en circuit fermé. Les devoirs du soir sont donc pour les familles une fenêtre sur la classe de leur enfant, une façon de savoir ce qui s’y déroule.

Les devoirs sont-ils efficaces ?
Les enfants ont besoin de s’exercer, c’est certain ! Cet entraînement a été externalisé hors de l’école, ce qui n’a pas toujours été le cas. Or selon les catégories sociales, les parents sont plus ou moins à l’aise pour aider leur enfant. Le travail scolaire à la maison creuse donc les inégalités sociales. Des tensions peuvent même survenir à cette occasion. Nos recherches montrent également que les devoirs ne sont pas profitables aux élèves qui ont le plus besoin de conforter leurs apprentissages. Souvent, ils y consacrent beaucoup de temps mais ne parviennent pas à améliorer leurs résultats. Il en résulte démotivation et souffrance. Le travail intellectuel n’est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif : il faut savoir apprendre, se référer au cours…

Quelles solutions envisagez-vous ?
Pour comprendre les difficultés des élèves, il faut tout simplement les regarder travailler. Dans une classe où ils sont 25 ou 30, c’est quasiment impossible ! Ce sont les petits groupes qui sont opérants, avec un enseignant voire même des collectifs d’élèves dont l’un d’eux est le tuteur. Mis en place dans certaines écoles, le dispositif « Plus de maîtres que de classe » peut s’avérer efficace. Dans ce cas de figure, un enseignant a la charge didactique du cours et un autre circule auprès des élèves et précise une consigne, lève une ambigüité… Nos études démontrent que c’est l’enseignant qui a la meilleure connaissance de son élève, qui peut l’aider. Il faudrait réhabiliter les devoirs au sein de l’établissement, et ouvrir davantage l’école aux parents !

Propos recueillis par Catherine Mercadier

En savoir plus

Les Rendez-vous de l’éducation : « Les devoirs : enjeux éducatifs et sociaux » le 15 novembre à 19h30 à l’Espace Gérard Philipe, centre Jeanne Hachette.