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École de l’Orme au Chat en grève

Mercredi 31 janvier, la maternelle et l’élémentaire du groupe scolaire de l'Orme au Chat seront fermées toute la matinée. Aucun accueil ni enseignement n'y seront assurés. À l'instar des parents d'élèves mercredi 24 janvier dernier, les enseignants feront grève contre la suppression du poste d'Agnès Monnier, assistante administrative en Contrat unique d'insertion en charge de la bibliothèque scolaire.

Enfance-jeunesse

École de l’Orme au Chat en grève© Mairie d’Ivry-sur-Seine - Frédéric Iriarte

«Sans Agnès Monnier, la bibliothèque de l'école va mourir, le maintien de son poste est central pour l'épanouissement scolaire des élèves!», s'indigne Nathalie Barraud, directrice de l'école maternelle du groupe scolaire de l'Orme au Chat. Tout comme elle, parents, enseignants et enfants ne veulent pas que leur bibliothécaire, la «maman des livres», s’en aille et que la bibliothèque dépérisse. Plus de 6 000 ouvrages y sont rassemblés dans un espace de 150 m² aménagé pour la lecture. «Agnès Monnier s'occupe de tout à la bibliothèque, témoigne Benjamin Lavayssière, enseignant à l'école maternelle de l'Orme au Chat. Elle classe et restaure les ouvrages, elle seconde les enseignants pendant les ateliers de lecture, ce qui permet une approche plus individualisée. Elle accompagne les enfants dans leurs choix de livres, leur lit des histoires et gère aussi le système de prêt qui serait difficile à assurer sans elle!»

Malgré cela, Agnès Monnier - employée en Contrat unique d'insertion (Cui) depuis deux ans - a appris en novembre que celui-ci ne serait pas renouvelé au 31 janvier 2018. Une décision qui a soulevé l'indignation générale.

Les enseignants et les directeurs des écoles maternelles et élémentaires de l'Orme au Chat ont donc décidé de faire grève: l'école sera totalement fermée mercredi 31 janvier prochain de 8h30 à midi, dernier jour du contrat d'Agnès Monnier. Ils ont aussi exigé une audience après de Guylène Mouquet-Burtin: la directrice académique des services de l’Éducation nationale du Val-de-Marne doit les recevoir dans la semaine.

Cette mobilisation appuie la journée «École morte, bibliothèque en vie» organisée le mercredi 24 janvier dernier par la Fédération des conseils de parents d'élèves (Fcpe) et le Collectif indépendant des parents d'élèves d'Ivry (Cipei). Cette première mobilisation avait été largement suivie: de nombreux enfants de l'Orme au Chat étaient restés chez eux ce jour-là. Les autres, accompagnés de leurs parents ou des enseignants, ont «occupé» la bibliothèque avec Agnès Monnier. Ils ne s'y sont pas ennuyés ! Tous ont, dans une ambiance bon enfant, lu des textes qu'ils aimaient. Une pétition rassemblant plus de 300 signatures a aussi été envoyée aux services de l'Éducation nationale.

Sourde oreille d'État

«On m'avait fait miroiter un emploi pour cinq ans quand j'ai signé ce contrat unique d'insertion», se souvient Agnès Monnier qui a été bénévole des années avant d'obtenir la reconnaissance professionnelle de cet engagement. Proche de la retraite, cette dernière se bat moins pour elle-même que pour l'école et sa bibliothèque. «J'ai écrit à l'inspection pédagogique, au ministère du Travail et même  à Madame Macron. Je me disais qu'en tant que professeur de français, elle aurait peut-être compris l'importance de cette bibliothèque et de mon poste!», explique-t-elle. Cependant personne ne lui a répondu. «Alors sans que je le sache, parents et enseignants se sont mobilisés. Tout ce soutien m'émeut beaucoup», livre-t-elle.

De son côté, le maire Philippe Bouyssou a, en date du 15 janvier, envoyé un courrier au ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il décrit Agnès Monnier «comme une actrice essentielle de la ville d'Ivry-sur-Seine à travers son engagement pour l'épanouissement des élèves de cette école». Il renvoie aussi le gouvernement à ses contradictions et rappelle qu'une «enveloppe de 200 000 emplois aidés(…) destinés en priorité aux publics des quartiers très en difficulté» avait été concédée par le chef de l'État suite à l'appel de Grigny1. L'école primaire de l'Orme au Chat, inscrite en Réseau d'éducation prioritaire a normalement toute légitimité à en bénéficier. Cette structure n'est d’ailleurs pas la seule touchée: ce sont 13 postes d’aides administratives qui ont été supprimés dans les écoles de la ville.

Émilie Marsaud

1 Le 16 octobre dernier à Grigny, se sont tenus les États généraux de la politique de la ville coorganisés par Bleu Blanc Zèbre, Ville et Banlieue et Villes de France. Les maires en charge de quartiers prioritaires de la politique de la Ville et associations travaillant auprès de la jeunesse et des populations fragiles se sont réunis pour lancer un appel au président de la République et pointer dix mesures préalables d’urgence concrètes à mettre en œuvre avant le budget 2018. Parmi ces mesures, figurait la suspension immédiate de la réduction des contrats aidés, leur maintien et leur renouvellement. À la suite de cet appel, le président de la République, qui avait réduit drastiquement les emplois aidés en 2017, a concédé la création de 200 000 emplois aidés supplémentaires en 2018 en faveur des publics des quartiers très en difficulté.

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