logo du site d'Ivry ma ville. Ivry94.fr

Réseaux sociaux

Accueil > Actualités > Blanc-manteau Zoomer Dézoomer Imprimer Facebook Twitter Transfèrer à un ami

Blanc-manteau

Quand la neige et le verglas s’invitent en ville, les services municipaux sont à pied d’œuvre. Rendre praticables près de 200 km de chaussées et trottoirs est un casse-tête qui ne peut être résolu en quelques heures. Retour sur l’épisode hivernal d’une vigueur exceptionnelle survenu la semaine dernière.

Cadre de vie

Blanc-manteau© Gwladys Aurivel

Du mardi soir 6 février au vendredi 8 février après-midi, en l’espace de quelques heures, des centimètres et des centimètres de neige se sont accumulés sur la ville. Un phénomène exceptionnel doublé de températures sibériennes qui ont entravé les déplacements de chacun. Trente ans que l’on n’avait pas vu ça!

Reste que quelque 65 km de chaussées et 130 km de trottoirs à déneiger ne s’improvisent pas. Quatre à cinq heures sont nécessaires pour passer les deux camions saleurs dans les rues de la ville. En revanche, rendre praticables les trottoirs est une toute autre affaire : plusieurs jours sont requis.

Une situation inaccoutumée face à laquelle Ivry, comme les autres communes d’Ile-de-France, ne dispose pas des moyens dimensionnés à hauteur de la rareté de l’évènement. «Nous ne pouvons pas nous équiper de matériels qui ne serviraient qu’exceptionnellement, indique François Presset, directeur des espaces publics à la Ville. L’acquisition d’engins mécaniques pour déneiger des trottoirs ne servirait qu’une ou deux fois tous les dix ans!» Un investissement au coût élevé comparé à la fréquence du service rendu.

Dès le lundi 5 février dernier, à 20h30, l’alerte a été déclenchée. «Un pré-salage préventif a été effectué sur la voirie, témoigne Laurent Martin, responsable des espaces verts, coordinateur du service d’astreinte cette semaine-là. Car comme chaque année dans le cadre du service hivernal, des équipes d’astreintes sont susceptibles d’être mobilisées 24 heures sur 24. Le planning est établi par roulement hebdomadaire entre les agents du service maintenance, travaux et voirie et ceux du service de la sécurité et de l’espace public. « Deux salages ont été anticipés dans la journée du mardi 6 février sur les circuits routiers, les places, les escaliers… poursuit Laurent Martin. Mais, tant qu’il gèle, la neige et la glace, c’est un travail sans fin!»

Mercredi 7 février, 97 agents communaux étaient mobilisés pour déblayer chaussées et voiries. Les agents du service du nettoiement, les jardiniers, les gardiens de parc, mais aussi des volontaires (agents de surveillance de la voie publique, agents à la retraite, élus…). Car certains agents, au vu des conditions météorologiques, n’ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail. Des effectifs auxquels il faut ajouter les agents grévistes qui spontanément sont venus prêter main-forte à leurs collègues (lire encadré ci-dessous). Le lendemain jeudi, plus de 70 communaux étaient encore sur le terrain.

Des interventions préparées

Priorité a été donnée - comme le « plan neige et verglas » de la Ville le précise - aux trottoirs des rues en pente, aux accès piétonniers permettant d’accéder au métro et au RER, aux escaliers, aux accès aux écoles ou encore aux autres équipements publics. «Un des deux trottoirs par rue est nettoyé, précise François-Xavier Millais, responsable du service entretien des espaces publics à la Ville. Mais dans certaines voies mal exposées, le dégel s’avère plus compliqué. Le sel n’a pas suffi. Il a fallu gratter.»

La Ville est équipée de deux camions saleurs et d’une lame de déneigement. Montée sur le gros camion saleur, cette lame a été utilisée à plein pour dégager les routes tout au long de l’épisode neigeux. Au total, 50 tonnes de sel aura été nécessaires. De son côté, le Département s’est employé à déneiger et déverglacer la chaussée des quais, de la RD5, ou encore des ponts.

«Notre objectif est d’assurer un bon niveau de service pour maintenir dans un premier temps une circulation routière et piétonne minimale, explique Mariette Bidault, responsable du service municipal maintenance, travaux et voirie. La difficulté a consisté à se faire réapprovisionner en sel. Car il est extrêmement rare de devoir saler aussi bien la nuit qu’en journée. L’épisode s’étant étalé sur plusieurs jours, les équipes ont également dû surmonter la fatigue physique.»

Sisur le plan routier, la situation a été maîtrisée, la gestion des trottoirs s’est avérée nécessairement plus compliquée. Les voitures créent un échauffement qui aide à la fonte, ce qui n’est pas le cas des piétons. À cela s’ajoute que sur les trottoirs, le travail est manuel et réclame donc plus de temps… et beaucoup de persévérance!

Sylvie Moisy

Quand grève = sens du service public
Alors qu’un préavis de grève contre la suppression des départements avait été posé par les syndicats du personnel territorial ivryen pour la journée du mercredi 7 février, plus de 200 agents se sont réunis dans le hall de l’hôtel de ville. «Les moyens de transport pour nous rendre au rassemblement à la préfecture de Créteil étaient réduits, relate Didier Carol, secrétaire général de la CGT des territoriaux d’Ivry. Il a été décidé, compte-tenu de la situation, d’inviter les agents à aller sur le terrain aider leurs collègues de la voirie.»

Toute la journée, les équipes ont ainsi été spontanément renforcées par une bonne cinquantaine d’agents de toutes catégories, armés de pelles et gants. Par solidarité, mais aussi pour faire la preuve par la démonstration de l’utilité de sauvegarder les services publics de proximité.