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Claude Mangin, en grève de la faim.

Claude Mangin, épouse du militant sahraoui Naâma Asfari - emprisonné depuis 2010 - et professeure d’histoire-géographie, a débuté le 18 avril dernier une grève illimitée de la faim au sein de l’hôtel de ville. Soutenue dans sa démarche par la municipalité, elle réclame un droit de visite à son mari que les autorités marocaines refusent de lui accorder depuis octobre 2016. Interview.

Démocratie locale, Société

Claude Mangin, en grève de la faim.© Mairie d’Ivry-sur-Seine - Frédéric IriarteCe mercredi 25 avril 2018, Claude Mangin entame son 7e jour de grève de la faim à l'Hôtel de Ville.

Pourquoi décider d’entamer maintenant une grève de la faim ?

C’est la seule manière de médiatiser la situation révoltante dans laquelle je me trouve. Le 16 avril dernier, les autorités marocaines ont décidé de m’expulser pour la quatrième fois consécutive, alors que je tentais de rendre visite à mon mari, Naâma Asfari, emprisonné depuis 2010. Le droit de visite est pourtant reconnu au niveau international, c’est un droit humanitaire de base !

Quelles sont les modalités de cette grève de la faim ? Jusqu’où souhaitez-vous aller ?  

C’est un jeûne de protestation, donc je ne me nourris pas. Je m’accorde juste la possibilité de boire de l’eau salée. Un médecin du Centre municipal de santé vient me rendre visite chaque jour pour surveiller l’évolution de mon état de santé. Je maintiendrai cette grève de la faim aussi longtemps qu’il me sera possible de le faire. Sachez juste que je ne suis pas suicidaire et ne cherche pas à devenir un nouveau Bobby Sands* : c’est en toute responsabilité que cette décision a été prise et avec la pleine conscience de ses conséquences.  

Qu’attendez-vous des autorités françaises ?

Qu’elles sortent de leur attentisme et qu’elles se décident enfin à faire pression sur le Maroc. Le cabinet du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est pourtant au fait de cette situation, mais rien n’est entrepris. ʺ On peut parler de tout avec le Maroc, sauf des Sahraouis ʺ, nous répond-t-on. Cette position n’est plus tenable. 

Est-ce également une manière de faire connaître la lutte du peuple sahraoui ?

Bien sûr ! À travers ce refus de visite à mon mari, c’est Naâma Asfari que la Maroc cherche à atteindre, et par extension, la volonté pacifique d’autodétermination de tout un peuple. Il me semble urgent de faire connaître la situation du Sahara occidental que malheureusement trop de peu de gens connaissent. Et celle en particulier des prisonniers politiques comme Naâma, souvent détenus dans des conditions indignes. Sans parler des actes de torture qu’il a pu subir et des aveux soutirés sous la contrainte…

Comment accueillez-vous la décision de la municipalité de vous mettre à disposition une salle au sein de l’hôtel de ville pour mener votre grève de la faim ?

Avec beaucoup de joie et d’espoir. Je me sens en confiance ici. Je remercie d’ailleurs le maire, Philippe Bouyssou, de me donner cette possibilité.  

Propos recueillis par Florian Guéguen

* Prisonnier politique nord-irlandais, décédé après 66 jours de grève de la faim.

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