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L’incinérateur en débat

Près de 400 personnes ont participé à la réunion publique, le 5 juillet, sur l’avenir du centre de traitement des déchets ménagers d’Ivry-Paris XIII. Le débat, parfois houleux, a reflété toute la richesse de cette question, ses enjeux et la diversité des positionnements. Retour sur une soirée animée.

Cadre de vie

L’incinérateur en débat© Mairie d'Ivry sur Seine - David Merle

« C’est tout sauf une question locale, et la réponse ne peut être que collective. » C’est par ces mots que Philippe Bouyssou, le maire, a entamé la réunion publique sur l’avenir du centre de traitement des déchets ménagers d’Ivry-Paris XIII, le 5 juillet à l’Espace Robespierre. Rappelant ainsi que 15 communes, dont la moitié des arrondissements parisiens, étaient concernées par l’usine, puisque leurs poubelles y sont traitées.

Près de 400 cents personnes participaient à cette dernière étape de la concertation, sous l’égide de la Commission nationale du débat public. Elle a été l’occasion de restituer le travail mené avec les habitants et les associations, et de présenter les évolutions du projet.

« Pour ce qui me concerne, poursuit Philippe Bouyssou, je reste convaincu de la nécessité de reconstruire cette usine et d’enfin mettre fin à la mise en décharge, véritable catastrophe écologique pour nos sols et sous-sols. Aussi je ne pense pas que nous soyons en capacité de nous passer d’ici à 10 ans de cette installation industrielle. Mais je suis par ailleurs aussi convaincu que la question des déchets est un véritable enjeu de société, notamment parce qu’elle a un rôle fondamental dans la préservation et valorisation de nos ressources mais aussi dans le dynamisme économique de nos territoires. Il nous faut donc redoubler d’effort pour à la fois réussir à en produire moins et à mieux les valoriser via le recyclage ou le réemploi. »

Évolution du projet

Les membres du Syctom, responsables de la gestion publique des ordures ménagères pour 84 communes, ont ensuite présenté le projet initial et son évolution : un dimensionnement réduit de 25 % du centre, une baisse de moitié de la capacité d’incinération, passant de 750 000 à 350 000 tonnes des ordures brûlées…

Parmi les éléments faisant débat : le tri mécano-biologique avec méthanisation. Suite au refus de la municipalité d’accueillir un tel procédé sur son territoire, le syndicat prévoit à la place une unité de tri-préparation pour extraire la partie des déchets à forte valeur calorifique pour l’incinérateur. Une partie de la chaleur produite étant transformée en énergie (chauffage urbain ou électricité).

Pour le Syctom, il n’est pas concevable de se passer d’incinération dans les années à venir. Toutefois, le projet présenté prévoit une réversibilité des fours qui pourrait brûler de la biomasse (bois…) si le tri des biodéchets augmente de manière conséquente.

Une alternative proposée

Autant d’arguments rejetés par la très grande majorité du public composé d’habitants d’Ivry et d’ailleurs, militants et associatifs, fermement opposés et venus défendre le projet alternatif porté par le Collectif ivryen 3R avec l’aide de l’association Zéro Waste France.

« Un milliards d’euros : un coût pharaonique ! »  « Cet argent doit servir à la prévention, au tri sélectif et à la réduction des déchets à la source. » « Votre projet est surdimensionné et le taux de recyclage très faible. » « Pourquoi le Plan B’OM*, notre projet alternatif, n’est pas mis sur la table et traité à égalité ? »

Pour les tenants du plan B’OM, tout est une question de prévention. « Notre marge de manœuvre est énorme : 42,6 % de déchets recyclables se retrouvent dans les poubelles d’ordures ménagères et partent à l’incinérateur », déplore Flore Berlingen, de Zéro Waste France, qui estime qu’en triant mieux, notamment le papier et le carton, et en récupérant les biodéchets, les objectifs du plan sont réalisables. Anne Connan, du Collectif 3R, abonde dans son sens et invite à davantage d’ambition : « Les déchets sont une affaire de proximité, pas de multinationales ! Nous avons une chance historique d’amorcer la décroissance de l’incinération. » 

En septembre aura lieu l’examen du bilan de la concertation. Le dépôt du permis de construire et de l’autorisation d’exploiter est, lui, prévu pour février 2017. À suivre.

Ahmed Talbi

* Baisse des ordures ménagères

**Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères

Lire le dossier IMV Syctom de juin

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