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Ni oubli ni pardon

Hommage aux victimes civiles des bombardements, fleurissement des plaques à la mémoire des enfants juifs déportés d’Ivry ou encore documentaire sur les négationnismes. Du 21 au 29 janvier a lieu la 15e Semaine de la mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes, pour la prévention des crimes contre l’humanité et la lutte contre le racisme et l’intolérance.

Société

Ni oubli ni pardon

« Nous vivons dans un monde inquiétant où ressurgissent des discours racistes et nationalistes qui véhiculent de l’exclusion, un rejet de l’autre et un repli sur soi, constate, lucide, Olivier Beaubillard, maire adjoint à la culture et aux actions de mémoire. A contrario, nous travaillons pour la prévention des crimes contre l’humanité, pour un monde juste et égalitaire. Ce, bien évidemment, avec les associations, les enseignants, les artistes, les services municipaux, les citoyens. »

Terre de résistance, Ivry combat l’oubli et, pire, le négationnisme, à travers une semaine qui, l’année dernière, a réuni près de deux mille participants dont sept cent quatre-vingt-dix enfants. Entre commémorations, conférences, projections et concerts, cette édition 2017 met en lumière le fait salutaire qu’il n’est jamais obsolète de crier « Plus jamais ça ! ».

Quelle connerie la guerre

Les avions semblent crever le ciel, leurs œufs déchirent le sol. Qu’il se revendique « libérateur », « de représailles » voire « chirurgical », un bombardement n’est jamais qu’une aveugle pluie de fer, de feu, d’acier, de sang. Ce 27 janvier, une plaque commémorative et une exposition viendront rappeler que notre ville en a subi deux. L’un, américain, le 31 décembre 1943, fit quatre-vingt morts. L’autre, allemand, le 26 août 1944, en rajouta vingt-six. Double peine pour les habitants d’Ivry-Port, quartier industriel donc particulièrement visé.

Claude Lecolant a 14 ans ce 31 décembre 1943. Il n’y a pas école, les usines sont fermées. Il fait ses devoirs tandis que son père fait le ménage. Sa mère est caissière à la charcuterie voisine… « Les sirènes sonnent, se souvient-il. Peu après, on entend les avions qui passent, puis les bombes qui tombent. On se précipite dans la cave avec les voisins… » Quand ils en sortent, le boulevard n’est qu’un champ de ruines, de poussière, de fumée, de flammes. Des cris résonnent. « Ce bombardement allié, nous sommes en dessous, donc à l’époque, nous le vivons comme un drame, pas une libération. C’était la guerre. Celui de 1944 fut plus rapide. Les Allemands bombardaient en piqué. Le quartier brûlait dans la nuit, notre maison n’avait plus de toit. »

Aujourd’hui, alors qu’au-dessus d’autres villes, d’autres avions larguent d’autres bombes sur d’autres enfants, l’amnésie reste le terreau d’où resurgit la bête immonde qui monte, qui monte…

Daniel Paris-Clavel

Retrouvez le programme complet sur www.ivry94.fr

Rwanda, un génocide encombrant…

À l’heure où le Rwanda ouvre une enquête sur la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis en 1994, la Semaine de la mémoire sera justement l’occasion de démêler le vrai du falsifié.

Le 27 octobre à 20 h au théâtre d’Ivry Antoine Vitez, l’association ivryenne Appui Rwanda organise une rencontre-débat avec Rafaëlle Maison, auteure de Pouvoir et génocide. L’œuvre du tribunal pénal international pour le Rwanda (Dalloz 2017) ; Dafroza et Alain Gauthier du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) ; Patrick de Saint-Exupéry, auteur de Complices de l’inavouable : la France au Rwanda (Les Arènes 2004-2009) et Gabriel Périès, auteur d’Une Guerre noire. Enquête sur les origines du génocide rwandais, 1959-1994 (La Découverte 2007).

« Lors du génocide, l’entreprise de désinformation de la presse française fut phénoménale, rappelle Anne Lainé, d’Appui Rwanda. Il y avait une volonté de faire croire qu’Hutus et Tutsis s’entretuaient alors qu’il s’agissait d’un génocide contre les Tutsis. C’était clairement un regard raciste sur l’Afrique, “terre de sauvages”. »

Depuis, si la situation s’est stabilisée au Rwanda grâce au travail de la justice locale, seuls deux génocidaires réfugiés en France y ont été jugés, ce sur vingt-quatre plaintes déposées par le CPCR. Quant aux plaintes pour viol contre des militaires français, elles n’ont pas abouti.

« Le Rwanda n’intéresse pas grand monde, constate Anne Lainé. On en parle beaucoup, mais sans creuser vraiment, comme si personne n’avait envie d’en savoir trop… »

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