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Soins traumatiques

Table-ronde sur les violences gynécologiques et obstétricales le 18 novembre à partir de 17h à la médiathèque avec Laetitia Négrié et Béatrice Cascales, auteures du livre L’accouchement est politique, la dessinatrice Emma et la sage-femme Alice Rocq-Havard le 18 novembre. Rencontre avec cette dernière.

Société

Soins traumatiquesAvec sa mini-BD « L’histoire de ma copine Cécile », la dessinatrice Emma illustre le traumatisme de l’épisiotomie et des violences obstétricales. Elle sera présente à la table-ronde du 18 novembre.

Qu’entend-t-on par violences gynécologiques et obstétricales ? 

Alice Rocq-Havard : Il s’agit de l’ensemble des propos dévalorisants ou des gestes imposés aux femmes dans le cadre de leurs examens gynécologiques, du suivi de leur grossesse ou de leur accouchement. L’actualité est là pour nous rappeler que les femmes sont régulièrement victimes de harcèlement ou de violences dans les transports en commun ou sur leurs lieux de travail. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que ces brutalités existent également dans le cadre des relations de soins. Un acte non consenti sur les parties intimes du corps d’une femme peut être très mal vécu, voire très choquant. C’est le cas par exemple des épisiotomies*. Idem pour les jugements moraux culpabilisants dispensés aux femmes victimes de viol ou qui viennent consulter en vue d’une IVG. Les soins en deviennent traumatiques.

Depuis combien de temps porte-t-on une attention particulière à ces questions ?

Alice Rocq-Havard : Cela fait quelques années que le terme de « violences obstétricales et gynécologiques » est entré dans le débat public, sous l’égide d’associations ou de professionnels de santé qui militent pour sa reconnaissance et son inscription dans la loi. Mais le sujet restait marginal. Un palier a été franchi à l’été 2017 lorsque la secrétaire d’État Marlène Schiappa a décidé de commander un rapport sur la question au Haut conseil à l’égalité femmes-hommes. Au-delà de la polémique, il est intéressant de voir que le débat s’est placé sur la question de l’égalité et pas seulement d’un point de vue sanitaire. Cela va dans le bon sens car selon moi, ces violences sont inhérentes à la gynécologie et l’obstétrique, deux médecines fondées par des hommes et qui portent en elle une volonté de rendre pathologique le corps de la femme. 

Vous venez d’achever un guide des bonnes pratiques à destination des praticien-nne-s en gynécologie et obstétrique. En quoi consiste-t-il ?

Alice Rocq-Havard : Depuis quelque temps, les professionnels de santé sont beaucoup mis à l’amende pour ces violences. Certains revendiquent ces pratiques sexistes. Mais la grande majorité n’en ont pas conscience et pensent sincèrement bien faire, avec les moyens - parfois maigres - dont ils disposent. J’ai donc imaginé une brochure qui leur permette de réinterroger certaines de leurs pratiques et de briser quelques idées reçues, afin d’identifier les soins inutiles et surtout d’être constamment à l’écoute des patientes et de leurs ressentis. Afin que le corps des femmes leur appartienne vraiment.

Propos recueillis par Florian Guéguen         

* Acte qui consiste à inciser le périnée afin de faciliter l’expulsion du fœtus lors de l’accouchement.

Le 18 novembre, à partir de 17 h, Alice-Rocq-Havard sera présente à une table-ronde autour des violences obstétricales et gynécologiques, avec la dessinatrice Emma, ainsi que Laetitia Négrié et Béatrice Cascales, auteures du livre « L’accouchement est politique ».
Médiathèque : 152 avenue Danielle Casanova. 01 56 20 25 30.

Bio express
1990 : Naissance à Châteauroux.
2014 : Elle obtient son diplôme de sage-femme, après des études à Charleroi, en Belgique.
2015 : Elle commence à travailler à la clinique des Noiriers, à Vitry-sur-Seine. Elle y effectue plusieurs gardes par semaine et assure en parallèle des consultations en suivi gynécologique, contraception, IVG, sexologie.
2016 : Elle s’investit dans le Mouvement français pour le planning familial, où elle assure des consultations en gynécologie.
2017 : Obtient un diplôme interuniversitaire de la sexualité humaine à l’université Paris 5. En parallèle, elle cofonde le Réseau de santé sexuelle publique qui cherche à rendre les consultations en sexologie accessible au plus grand nombre, notamment les plus précaires.    
Juin 2017 : Elle devient présidente de l’Association nationale des sages-femmes orthogénistes, qui milite notamment pour la défense de l’IVG.

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